PRECISIONS FISCALES SUR LA REFORME DES SUCCESSIONS ET LIBERALITES

Par deux instructions en date du 22 novembre et 3 décembre 2007, l’Administration fiscale vient préciser les conséquences fiscales des modifications apportées en matière de successions et de libéralités par les lois du 23 juin 2006 et du 21 août 2007.

DISPOSITIONS RELATIVES AUX SUCCESSIONS

Le droit de retour légal des ascendants

En contrepartie de la suppression de leur réserve, les père et mère du défunt bénéficient d’un droit de retour légal sur les biens que le défunt avait reçus d’eux par donation. Ce droit de retour légal est limité à leur quote-part dans la succession. Il s’effectue en franchise de droits de mutation à titre gratuit qu’il s’exerce en nature ou en valeur.
Toutefois, le droit de retour légal des familles adoptives et par le sang au décès de l’adopté simple ainsi que celui prévu en faveur des frères et sœurs du défunt ou de leurs descendants restent soumis aux droits de mutation.

Le cantonnement de l’émolument (art. 1002-1 ou art. 1094-1 al. 2 du code civil)

Le nouvel article 788 bis CGI prévoit expressément que les biens recueillis par un héritier (ou légataire) suite à l’exercice du cantonnement sont réputés transmis à titre gratuit par le défunt. Ce n'est pas une libéralité faite aux successibles par celui qui décide de cantonner son émolument. Le conjoint survivant n’est ainsi imposé que sur la part qu’il prend effectivement dans son legs. S’agissant des successibles bénéficiant du cantonnement, les droits sont liquidés sur leur part successorale (qui comprend les biens reçus suite à l’exercice du cantonnement) selon le tarif et les abattements applicables en fonction de leur lien de parenté avec le défunt pour l’ensemble des biens qu’ils reçoivent.

Exonération de droits de succession pour les frères et sœurs vivant sous le même toit

Un tempérament a été prévu. L’exonération pourra être accordée lorsque le logement commun est quitté pour raison de santé. Dans ce cas, il convient de se placer à la date de ce départ pour apprécier la condition de cohabitation effective pendant cinq ans.


DISPOSITIONS RELATIVES AUX LIBERALITES

Donation-partage transgénérationnelle

Le nouvel article 784 B du code des impôts vient préciser qu’en cas de donation-partage faite à des descendants de degrés différents, les droits sont liquidés en fonction du lien de parenté existant entre l’ascendant donateur et les descendants allotis.
Ainsi, en cas de donation-partage faite en faveur des petits-enfants dont les parents ont consenti qu’ils soient allotis totalement en leurs lieux et places, les droits sont dus uniquement en fonction du lien de parenté existant entre le grand-parent et les descendants gratifiés.

Donc, les petits-enfants bénéficient uniquement de leur propre abattement de 30 390 € qui n’est pas cumulable avec celui de 151 950 € prévu en faveur des enfants.


LIBERALITES GRADUELLES ET RESIDUELLES

Le nouvel article 784 C du CGI précise leur régime fiscal identique. Le légataire ou donataire institué en 1er est ainsi redevable des droits de mutation à titre gratuit sur l’actif transmis dans les conditions de droit commun. Le légataire ou donataire institué en second n’est redevable d’aucun droit lors de la 1ère mutation.

Au décès du 1er légataire ou donataire, l’actif transmis est taxé d’après le degré de parenté existant entre le testateur ou le donateur et le second légataire ou donataire. Le régime fiscal applicable et la valeur imposable des biens transmis au second légataire ou donataire sont déterminés en se plaçant à la date du décès le 1er gratifié. Les droits acquittés par le 1er gratifié sont imputés sur les droits dus sur les mêmes biens par le second légataire ou donataire.

Cette imputation est aussi admise lorsque les droits dus sur la 1ère transmission ont été pris en charge par le donateur.

Dans le cas d’une libéralité résiduelle, pour déterminer le montant des droits imputables lors de la seconde mutation, il y a lieu de liquider à nouveau les droits dus lors de la 1ère libéralité sur une base réduite en fonction du reliquat existant au jour de la seconde libéralité.

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LOI DE FINANCES 2008 ET RECTIFICATIVE 2007

L'ensemble des barèmes concernant l'impôt sur le revenu, l'impôt de solidarité sur la fortune et les droits de mutation à titre gratuit ainsi que les différents abattements applicables en cas de donation ou succession sont désormais indexés sur l'évolution moyenne estimée des prix hors tabac.

Au 1er janvier 2008, cette indexation est de 1,3 %.

BAREMES

Barème de l'impôt sur les revenus de 2007

Tranches de revenus
par part
Taux Calcul de l'impôt
_ jusqu'à 5 687 € Revenus non soumis à l'impôt sur le revenu
_ de _5 687 € _à _11 344 € 5,5 % (R x 0,055) .- .(312,79 x N)
_ de 11 344 € _à _25 195 € 14 % (R x 0,14) - (1 277,03 x N)
_ de 25 195 € _à _67 546 € 30 % (R x 0,30) - (5 308,23 x N)
_ au-delà de 67 546 € 40 % (R x 0,40) - (12 062,83 x N)

R représente le revenu imposable, N le nombre de parts

Ce barème, en lecture directe, ne prend pas en compte le plafonnement des effets du quotient familial et la décote réservée aux personnes aux revenus les plus modestes.

Barème de l'impôt de solidarité sur la fortune de 2008

Tranches de patrimoine Taux Montants cumulés
_de 0 € _______ à ___ 770 000 € Patrimoine non soumis à l'ISF
_de 770 000 € __à __1 240 000 € 0,55 %
2 585 €   
_de 1 240 000 € _à _ 2 450 000 € 0,75 %
11 660 €   
_de 2 450 000 € _à _ 3 850 000 € 1,00 %
25 660 €   
_de 3 850 000 € _à _ 7 360 000 € 1,30 %
71 290 €   
_de 7 360 000 € _à_16 020 000 € 1,65 %
214 180 €   
_au-delà de 16 020 000 € 1,80 % -



DROITS DE MUTATION

Droits de donation applicables entre conjoints et entre pacsés
(après un abattement de 76 988 €)

Tranches de l’actif taxable Taux Droits cumulés
(arrondis à l'euro près)
jusqu'à 7 699 € _5 %
385 €   
de 7 699 € à 15 195 € 10 %
1 135 €   
de 15 195 € à 30 390 € 15 %
3 414 €   
de 30 390 € à 526 760 € 20 %
102 688 €   
de 526 760 € à 861 050 € 30 %
202 975 €   
de 861 050 € à 1 722 100 € 35 %
504 342 €   
au-delà de 1 722 100 € 40 % _



Droits de transmission applicables entre parents et enfants
(après un abattement de 151 950 € *)

Tranches de l’actif taxable Taux Droits cumulés
(arrondis à l'euro près)
jusqu'à 7 699 € _5 %
385 €   
de 7 699 € à 11 548 € 10 %
770 €   
de 11 548 € à 15 195 € 15 %
1 317 €   
de 15 195 € à 526 760 € 20 %
103 630 €   
de 526 760 € à 861 050 € 30 %
203 917 €   
de 861 050 € à 1 722 100 € 35 %
505 284 €   
au-delà de 1 722 100 € 40 % _


Un seul et unique barème s’applique au patrimoine transmis au décès : le Trésor Public, suite à la déclaration de succession, taxera le patrimoine transmis par héritier (comprenant les donations rapportables fiscalement) selon un seul barème et déduira du montant des droits de succession dus, les droits liés aux donations rapportables avant réduction éventuelle.


ABATTEMENTS SUR MUTATIONS A TITRE GRATUIT

Successions et/ou donations Depuis le 22/08/07 Depuis le 01/01/08
Ascendants ou enfants
150 000 €  
151 950 €  
Frères et soeurs
15 000 €  
15 195 €  
Neveux et nièces
7 500 €  
7 598 €  
Personnes handicapées
150 000 €  
151 950 €  
Conjoint survivant (donation)
76 000 €  
76 988 €  
Partenaire d'un PACS (donation)
76 000 €  
76 988 €  
Petit-enfant (donation)
30 000 €  
30 390 €  
Arrière-petit-enfant (donation)
5 000 €  
5 065 €  
A défaut d'autre abattement (succession)
1 500 €  
1 520 €  
Dons de sommes d'argent :
plafond d'exonération
30 000 €  
30 390 €  

DONATIONS EN NUMERAIRE

La loi n° 2007-1223 du 21/08/2007 prévoit l'exonération totale des droits de mutation à titre gratuit dans la limite de 30 390 € cumulable avec les abattements existants pour les dons aux enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants ou à défaut neveux et nièces sous les conditions suivantes :

  • Dons en pleine propriété
  • Donateur âgé de moins de 65 ans
  • Donataire âgé de plus de 18 ans
  • Enregistrement dans le mois suivant le don


DONATION APRES RETOUR LEGAL OU CONVENTIONNEL

En cas de seconde donation, après retour des biens donnés dans le patrimoine du donateur, l'art. 791 ter du CGI permet, sous certaines conditions, l'imputation des droits acquittés lors de la première donation sur les droits dus à la seconde.


MANDAT A TITRE POSTHUME

La rémunération du mandataire à titre posthume, déterminée de manière définitive dans les 6 mois suivant le décès, est déductible de l'actif de la succession dans la limite de 0,5 % de l'actif successoral géré.
Cette déduction ne peut excéder 10 000 € (art. 775 quinquies du CGI).


PRELEVEMENT LIBERATOIRE

Le prélèvement libératoire applicable sur les produits de placements à revenu fixe est porté de 16 % à 18 %.
Ce prélèvement peut, depuis le 1er janvier 2008, également s'appliquer aux dividendes perçus, ce qui permet aux contribuables les plus fortement taxés (TMI à 40 %) de minorer leur taxation.
Attention toutefois : la partie déductible (5,8 %) de la CSG prélevée ne peut être imputable sur l'exercice suivant.


TRANSMISSION A TITRE GRATUIT

Donation et succession de titres de société

L’assiette des droits de mutation bénéficie d’un abattement de 75 % en contrepartie d’un engagement de conservation des titres, en cas de donation en pleine propriété ou en nue-propriété (art. 787 B du CGI).
Cet abattement ne peut se cumuler avec la réduction de droits prévue en fonction de l’âge du donateur (art. 790 du CGI) que si la donation est faite en pleine propriété.
L’engagement collectif préalable de conservation des titres est de deux ans, l’engagement individuel de conservation de six ans vient d'être ramené à quatre ans.


Donation et succession d’une entreprise individuelle

L’assiette des droits de mutation bénéficie d’un abattement de 75 % en cas de donation en pleine propriété, mais aussi en nue-propriété, de l’entreprise exploitée sous forme d’entreprise individuelle ou de titres de société de personnes (art. 787 C du CGI).
L'engagement de conserver les biens transmis pris par les bénéficiaires qui était de six ans vient d'être ramené à quatre ans.
L’un des bénéficiaires devait poursuivre l’exploitation pendant cinq ans, délai ramené à trois ans.

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